Jours fériés en Italie
le calendrier et ce qu’on mange
Douze dates nationales, deux qui se déplacent, une treizième qui change de ville en ville. Le calendrier des fêtes italiennes se lit aussi dans les assiettes.
L’Italie compte douze jours fériés nationaux. Dix tombent à date fixe, deux dépendent de Pâques et se déplacent donc chaque année. S’y ajoute un treizième jour chômé, purement local : la fête du saint patron, différente d’une commune à l’autre.
- Les dates fixes : 1er et 6 janvier, 25 avril, 1er mai, 2 juin, 15 août, 1er novembre, 8, 25 et 26 décembre.
- Les dates mobiles : le dimanche de Pâques et le lundi qui suit, Pasquetta.
- Le férié local : le saint patron de la ville, chômé sur place et nulle part ailleurs.
- Ce qui ferme : administrations, banques et écoles. Le reste varie et se vérifie sur place.
Les douze jours fériés italiens, et ceux qui changent de date
L’Italie compte douze jours fériés nationaux. Dix tombent à date fixe, deux dépendent de la date de Pâques et se déplacent donc chaque année. À cela s’ajoute un treizième jour chômé, purement local : la fête du saint patron de la ville, qui ne vaut que pour la commune concernée.
Les dix dates fixes
Le 1er janvier ouvre l’année avec le Capodanno. Le 6 janvier, l’Epifania referme la longue séquence des fêtes d’hiver. Le 25 avril marque l’anniversario della Liberazione, la libération de 1945. Le 1er mai est la Festa dei Lavoratori, le 2 juin la Festa della Repubblica, qui commémore le référendum de 1946 ayant fait basculer le pays de la monarchie à la république.
L’été n’a qu’une date : le 15 août, Ferragosto, jour de l’Assomption. L’automne non plus, avec le 1er novembre, Ognissanti. Puis décembre en concentre trois d’un coup : le 8, l’Immacolata Concezione ; le 25, Natale ; le 26, Santo Stefano, la Saint-Étienne, qui n’est pas chômée en France hors Alsace-Moselle mais l’est partout en Italie.
| Date | Fête | À table |
|---|---|---|
| 1er janvier | Capodanno | Cotechino ou zampone sur un lit de lentilles, la veille au soir |
| 6 janvier | Epifania | Bonbons et carbone dolce dans la chaussette de la Befana |
| Mobile, mars ou avril | Pasqua | Agneau rôti, torta pasqualina, pastiera, colomba |
| Mobile, lendemain de Pâques | Pasquetta | Pique-nique et grillade, avec les restes de la veille |
| 25 avril | Liberazione | Première grigliata de l’année ; riso e bisi à Venise |
| 1er mai | Festa dei Lavoratori | Fèves crues et pecorino, dehors, dans le Latium |
| 2 juin | Festa della Repubblica | Rien de codifié : déjeuner long en terrasse |
| 15 août | Ferragosto | Grillade ou pique-nique collectif, à l’ombre |
| 1er novembre | Ognissanti | Ossa dei morti, pane dei morti, frutta martorana |
| 8 décembre | Immacolata | Struffoli et roccocò, premières vitrines de Noël |
| 25 décembre | Natale | Tortellini in brodo, agnolotti, panettone ou pandoro |
| 26 décembre | Santo Stefano | Les restes du 25, en plus tranquille |
Les deux dates qui bougent chaque année
Pasqua, le dimanche de Pâques, tombe évidemment un dimanche : sur le papier, cela ne change rien à la semaine de travail. Le jour qui compte vraiment, c’est le lendemain, le lunedì dell’Angelo, que tout le monde appelle Pasquetta. Là, le pays s’arrête pour de bon.
Les deux dates suivent le calcul de Pâques et se déplacent donc entre la fin mars et la fin avril selon les années. C’est le seul endroit du calendrier italien où il faut vérifier avant de réserver quoi que ce soit.
Les dix dates fixes se recopient d’une année sur l’autre sans risque. Pâques et Pasquetta, non : elles suivent un calcul lunaire et changent de position dans le calendrier à chaque fois. Un billet de train ou une table réservée sur un week-end de printemps mérite donc une vérification de la date exacte pour l’année en cours.
Ce qui ferme vraiment ce jour-là
Il n’existe pas de règle uniforme, et les habitudes varient beaucoup entre une grande ville touristique et un village de province. Quelques repères tiennent malgré tout. Les administrations, les banques et les écoles ferment. Les commerces alimentaires de quartier suivent le plus souvent le rythme du dimanche. Les grandes surfaces et les enseignes des zones touristiques, elles, ouvrent souvent, parfois en horaires réduits.
Les musées et les sites archéologiques appliquent chacun leur propre calendrier : certains ouvrent normalement les jours fériés, d’autres ferment le 1er janvier, le 1er mai ou le 25 décembre. Quant aux restaurants, la logique s’inverse : un jour de fête est un jour de service, souvent complet et parfois avec une carte unique préparée pour l’occasion. Le 15 août et le 25 décembre restent les deux journées où le plus grand nombre d’établissements baissent le rideau, pour fêter eux aussi. Dans tous les cas, une vérification directe auprès du lieu concerné reste la seule information fiable.
Le cycle de Noël, du 8 décembre à la Befana
C’est la séquence la plus dense du calendrier : cinq jours fériés en un mois, reliés entre eux par une continuité de gestes domestiques.
Tout commence le 8 décembre. L’Immacolata donne traditionnellement le signal du sapin et de la crèche. À Naples, c’est le jour où l’on descend les santons et où les premières pâtisseries de Noël apparaissent en vitrine : struffoli en petite montagne collante de miel, roccocò durs comme du bois qu’on trempe dans le vin.
Le 24 au soir vient le cenone della Vigilia. Dans une bonne partie du Sud, ce repas de veille reste volontiers maigre, donc marin. À Naples et en Campanie, le capitone — la grosse anguille — tient le rôle principal, entouré de fritures et de fruits de mer. C’est une tendance régionale forte, pas une règle nationale : plus au nord, la veille de Noël se passe souvent sans cérémonie particulière.
Le 25, à midi, la cuisine change complètement de registre. En Émilie, on sert les tortellini in brodo, ces petites pâtes farcies flottant dans un bouillon de chapon. Dans le Piémont, ce sont les agnolotti. Ailleurs, le déjeuner s’organise plus librement autour d’un rôti, de légumes gratinés ou de pâtes au four, sans plat imposé. Puis viennent les gâteaux qui divisent le pays : panettone à Milan, pandoro à Vérone, panforte à Sienne, torrone à peu près partout.
Le 26, Santo Stefano, prolonge la journée précédente sans en changer l’esprit. On mange les restes, on refait des tortellini, on rend visite à la famille qu’on n’a pas vue la veille. C’est une fête de digestion collective, et c’est pour cela qu’elle est chômée.
Le 31 au soir, le cenone di San Silvestro impose son plat rituel : cotechino ou zampone, saucisson à cuire ou pied de porc farci, servi sur un lit de lentilles. Les lentilles évoquent les pièces de monnaie, on en mange donc pour l’année qui vient. La superstition est prise au sérieux, mais avec le sourire.
L’Epifania du 6 janvier ferme la boucle. La Befana, vieille femme sur un balai, passe dans la nuit remplir les chaussettes des enfants de bonbons — ou de carbone dolce, un faux morceau de charbon en sucre noir, pour ceux qui ont mal fait leur année. Un proverbe local résume la journée : l’Epifania toutes les fêtes emporte.
Pâques et Pasquetta, la fête la plus mobile du calendrier
Pâques suit un calcul lunaire, ce qui explique qu’elle se promène d’une année sur l’autre entre la fin mars et la fin avril. En Italie, elle fonctionne en doublette : le dimanche pour le repas, le lundi pour le dehors.
Le dimanche est un déjeuner d’intérieur, long et construit. L’agneau y domine, souvent rôti aux pommes de terre et au romarin. Chaque région ajoute sa pièce : la torta pasqualina ligure, une tourte de blettes et de ricotta dans laquelle des œufs entiers sont dissimulés ; le casatiello et la pastiera à Naples, l’un salé et lourd de charcuterie, l’autre sucré au blé et à la fleur d’oranger. Et sur beaucoup de tables, la colomba, gâteau levé en forme de colombe, cousin direct du panettone.
Le lundi bascule à l’extérieur. Pasquetta, c’est le pique-nique et le barbecue, quel que soit le temps. Les Italiens sortent en famille ou entre amis, dans un parc, à la campagne, au bord d’un lac, avec les restes de la veille, des frittate froides, des tourtes salées coupées en parts. C’est la première sortie collective de l’année, celle qui lance la saison du plein air.
Les trois fêtes civiles du printemps
Le 25 avril, le 1er mai et le 2 juin forment un bloc à part. Ce sont des dates politiques, pas religieuses : la Libération, le travail, la République. Elles s’accompagnent de cérémonies, de concerts, de discours, et d’à peu près aucune obligation culinaire.
Le 25 avril réserve toutefois une particularité à Venise, où deux fêtes se superposent : la ville célèbre ce jour-là son saint patron, San Marco. La lagune sort alors le riso e bisi, un risotto de petits pois d’un vert de début de saison, et distribue le bocolo, le bouton de rose rouge qu’on donne à celle qu’on aime. C’est le seul férié national qui coïncide avec une fête patronale majeure.
Le 1er mai a lui aussi son habitude, la seule vraiment codifiée du bloc : autour de Rome et dans le Latium, on casse la croûte avec des fèves crues et du pecorino, dehors, sans façon. Ni plus ni moins. Pour le reste, ces trois journées tombent au moment où le temps le permet enfin, et servent surtout de prétexte à la première grigliata sérieuse de l’année ou à une sortie à la mer.
Ferragosto et la Toussaint, deux fêtes qui se répondent
Le 15 août est le sommet de l’été italien. Le pays est en vacances, les villes se vident au profit du littoral et des lacs, et Ferragosto se célèbre dehors : autour d’une grillade, d’un pique-nique tiré du coffre, d’une table dressée à l’ombre. Il n’y a pas de plat national imposé, plutôt une manière de faire — on mange en groupe, longtemps, sans horaire. Certaines traditions locales tiennent bon, comme le poulet aux poivrons romain, mijoté la veille et mangé froid ou tiède.
Le 1er novembre inverse tout. Ognissanti ouvre la saison des fruits secs, des châtaignes et des biscuits liés au souvenir des morts. La Sicile prépare la frutta martorana, ces fruits en pâte d’amande d’un réalisme troublant, et les pupi di zucchero, statuettes de sucre offertes aux enfants. Le Nord fabrique le pane dei morti, un petit pain sombre aux amandes et aux épices. Un peu partout, on retrouve les ossa dei morti, biscuits secs et durs qui portent leur nom sans détour.
Le saint patron, ce jour férié qui ne vaut que dans une ville
Le treizième jour chômé italien n’apparaît sur aucun calendrier national, parce qu’il change d’une commune à l’autre. Chaque ville fête son saint protecteur, et ce jour-là, écoles et administrations locales ferment. Rien ne bouge à cent kilomètres de là.
Sant’Ambrogio, le 7 décembre
La veille de l’Immacolata, ce qui produit un long week-end très identifiable. C’est aussi le soir d’ouverture de la saison de la Scala, et la ville s’habille en conséquence.
Santi Pietro e Paolo, le 29 juin
En plein début d’été, quand les tables sortent sur les places. Un férié romain que le reste du pays ignore complètement.
San Gennaro, le 19 septembre
La fête la plus suivie du calendrier napolitain, avec ses rues envahies de fritures, de pizze a portafoglio et de pâtisseries de circonstance.
San Marco, le 25 avril
Le seul saint patron qui tombe le même jour qu’un férié national. Double journée chômée, riso e bisi et bocolo à la clé.
Ces journées sont souvent celles où la cuisine locale se montre le plus franchement : marchés de rue, fritures, pâtisseries de circonstance, tables sorties sur le trottoir. Pour qui voyage, c’est une aubaine et un piège en même temps, puisque la ville est en fête pendant que ses services publics dorment. Se renseigner sur la date patronale de la ville où l’on va évite quelques mauvaises surprises, et vaut souvent le détour.
Combien y a-t-il de jours fériés en Italie ?
Douze au niveau national : 1er janvier, 6 janvier, dimanche de Pâques, lundi de Pâques, 25 avril, 1er mai, 2 juin, 15 août, 1er novembre, 8 décembre, 25 décembre et 26 décembre. Chaque commune ajoute la fête de son saint patron, chômée localement mais nulle part ailleurs dans le pays.
Le lundi de Pâques est-il férié en Italie ?
Oui, et c’est même le jour de Pâques qui compte le plus dans la pratique. Le dimanche tombant de toute façon un dimanche, c’est le lunedì dell’Angelo — Pasquetta — qui donne la vraie journée chômée. Elle se passe traditionnellement dehors, en pique-nique ou en grillade.
Les magasins sont-ils ouverts les jours fériés en Italie ?
Cela dépend du commerce et de la ville. Banques, administrations et écoles ferment systématiquement. Les commerces de proximité fonctionnent souvent comme un dimanche, tandis que les grandes surfaces et les enseignes des zones touristiques ouvrent fréquemment, parfois en horaires réduits. Le 15 août et le 25 décembre sont les deux journées les plus fermées.
Qu’est-ce que Ferragosto ?
C’est le 15 août, jour de l’Assomption et sommet de l’été italien. Les villes se vident, le pays part au bord de l’eau ou en montagne, et la journée se passe dehors autour d’une grillade ou d’un pique-nique collectif. Aucun plat national ne s’impose, mais la manière de manger — en groupe, à l’ombre, sans horaire — est très codifiée.
Pourquoi le 26 décembre est-il férié en Italie ?
Le 26 décembre est la Saint-Étienne, Santo Stefano, un jour chômé de tradition catholique que l’Italie a conservé et que la France n’applique qu’en Alsace-Moselle. Concrètement, c’est le prolongement de Noël : on finit les restes, on refait des pâtes farcies, on rend les visites familiales qui n’ont pas tenu dans la journée du 25.