Vaisselle Quiet
la vaisselle silencieuse née à Bordeaux
Comment une invention bordelaise réduit le bruit en cantine, ce que montrent les tests réels et ce que ça coûte.
Quiet est une vaisselle bi-matériaux (verre trempé et silicone) conçue à Bordeaux depuis 2018 pour réduire le bruit en restauration collective. Testée sans casse dans des écoles de Talence, elle est aujourd’hui déployée en cantines et restaurants d’entreprise, à un tarif supérieur à de la vaisselle classique.
- Réduction du bruit : environ 85 % en moyenne au choc, plus de 90 % sur les fréquences hautes.
- Résistance : la pièce se fissure sans se briser, contre un éclat en morceaux pour la céramique classique.
- Tests réels : zéro casse enregistrée sur près de 4 800 repas dans trois écoles de Talence, en mars 2024.
- Prix : environ 8 euros HT la pièce, formule d’essai à partir de 1 300 euros HT.
Le bruit en restauration collective, un problème sous-estimé
Dans une cantine scolaire ou un restaurant d’entreprise, le service tourne parfois plus court qu’une heure. Sur ce laps de temps, les plateaux s’empilent, les assiettes s’entrechoquent au retour de plonge, les couverts tombent sur l’inox. Le personnel encaisse ce vacarme plusieurs heures par jour, service après service, avec une fatigue auditive qui s’accumule sans qu’on la mesure vraiment. Pour les enfants attablés, ce même bruit rend les repas plus fatigants qu’ils ne devraient l’être, et il complique la conversation à table.
Le poste le plus exposé reste la plonge, où la vaisselle sale revient en pile, souvent vite et sans ménagement. C’est là que les chocs reviennent sans relâche, à chaque retour de plateau, sur toute la durée du service. Le personnel de salle, lui, subit un bruit plus diffus mais constant, celui du service qui se déroule sous ses yeux.
Quiet, la vaisselle silencieuse imaginée à Bordeaux
C’est sur ce point précis qu’une équipe bordelaise a construit son produit. Quiet est fondée en 2018 par Pierre Busquet, Sophie Moritel et Sébastien Chauvin, dans l’écosystème French Tech de Bordeaux. Leur idée de départ tient en une phrase : une vaisselle pensée pour la restauration collective doit résister aux chocs répétés du service tout en réduisant le bruit qu’elle produit. Plusieurs années de recherche ont suivi, menées en partenariat avec l’Insa de Lyon et le CNRS, avant d’aboutir à un produit commercialisable. L’entreprise a depuis reçu le trophée « Décibels d’Or » et a fait partie d’une délégation French Tech au CES de Las Vegas en janvier 2024.
Réduire le bruit à la source, sur la vaisselle elle-même, évite d’ajouter des consignes ou du matériel supplémentaire à un personnel déjà sous pression pendant le service.
Comment fonctionne la technologie anti-bruit
Le principe repose sur une construction bi-matériaux. La face en contact avec les aliments est en verre trempé, comme une assiette classique. Elle est doublée à l’arrière d’un film en élastomère de silicone, qui absorbe une partie de l’énergie du choc au moment où deux pièces se touchent. C’est ce film qui fait la différence : sur de la céramique ou du verre nu, le choc se propage et sonne fort ; sur Quiet, il est amorti avant de devenir un bruit sec.
La face silicone porte aussi un revêtement dit « peau de pêche », légèrement antidérapant, qui limite le glissement des pièces empilées sur un chariot ou un plateau : le personnel manipule ainsi des piles qui bougent moins et rattrape moins de gestes dans l’urgence du service. Cet assemblage n’a rien d’improvisé — il vient des années de recherche évoquées plus haut, pensées pour tenir la durée d’un usage en restauration collective plutôt que pour un simple prototype de laboratoire.
Ce que montrent les chiffres
bruit, poids et résistance
Sur le papier, les écarts avec une vaisselle classique sont nets. La réduction du bruit à l’entrechoquement atteint environ 85 % en moyenne, et elle dépasse 90 % sur les fréquences hautes, celles qui sont justement les plus désagréables à l’oreille. Une assiette Quiet pèse environ 340 grammes, plus légère qu’une assiette en céramique classique, ce qui compte à l’usage pour le personnel qui porte des piles entières.
| Critère | Vaisselle classique | Vaisselle Quiet |
|---|---|---|
| Bruit à l’entrechoquement | Référence | Environ -85 %, jusqu’à -90 % en hautes fréquences |
| Poids par assiette | Généralement supérieur | Environ 340 g |
| Comportement au choc | Éclate en morceaux | Se fissure sans se briser |
| Conduction thermique | Référence | Divisée par deux |
Côté résistance, la pièce se fissure au lieu de se briser en cas de choc, ce qui évite l’éclat en morceaux typique de la céramique — l’entreprise avance une durabilité environ trois fois supérieure. La conduction thermique est divisée par deux par rapport à une assiette classique, un point utile pour qui manipule des piles d’assiettes juste sorties du lave-vaisselle.
Les tests en conditions réelles, à Talence et ailleurs
Les chiffres de laboratoire ne valent que s’ils tiennent sur le terrain. Les premiers essais ont eu lieu dans trois écoles de Talence, en Gironde, autour de mars 2024 : sur près de 4 800 repas servis, aucune casse n’a été enregistrée. Le personnel scolaire testé a attribué une note de 9,1 sur 10 à la réduction du bruit perçue pendant le service, et 93 % d’entre eux ne souhaitaient pas revenir à la vaisselle classique une fois l’essai terminé.
Le zéro casse sur 4 800 repas vient des tests indépendants menés dans trois écoles de Talence en 2024. Le chiffre de plus de 100 000 repas servis sans casse, communiqué en 2025, vient de l’entreprise elle-même : les deux vont dans le même sens, mais ce ne sont pas la même mesure.
Prix, disponibilité et limites à connaître
En mars 2024, le produit était encore en phase de pré-commercialisation, avec des premières livraisons annoncées pour le quatrième trimestre de la même année. En octobre 2025, la vaisselle est bien déployée dans le secteur de la restauration collective — cantines scolaires et restaurants d’entreprise en tête. Rien n’indique aujourd’hui un déploiement confirmé en Ehpad ou en établissement hospitalier, même si ces environnements, où le bruit et la casse posent des problèmes proches, forment une extension logique du marché visé.
Sur le prix, une pièce se négocie autour de 8 euros hors taxes à titre indicatif, un tarif nettement supérieur à de la vaisselle classique — ces montants évoluent et méritent d’être vérifiés au moment de l’achat. Une formule de test existe à partir de 1 300 euros hors taxes environ, pour un stock tournant de 300 pièces sur 21 jours, de quoi juger sur une vraie période de service avant de basculer une cuisine entière. Pour une collectivité qui gère plusieurs centaines de couverts par jour, cet écart de prix se compense en partie par la casse évitée et par le gain en confort de travail pour le personnel de plonge. Reste que le choix ne va pas de soi pour une petite structure au budget serré : mieux vaut, dans ce cas, démarrer par la formule de test sur un seul service avant d’envisager un renouvellement complet du parc de vaisselle.
Qui a créé la vaisselle Quiet ?
Quiet a été fondée en 2018 par Pierre Busquet, Sophie Moritel et Sébastien Chauvin, à Bordeaux. Le projet est né dans l’écosystème French Tech local, avec plusieurs années de recherche menées avec l’Insa de Lyon et le CNRS avant la mise sur le marché.
Comment la vaisselle Quiet réduit-elle le bruit ?
Chaque pièce combine une face en verre trempé, en contact avec les aliments, et un film en élastomère de silicone à l’arrière qui absorbe une partie du choc. C’est cette double couche qui abaisse le bruit d’environ 85 % en moyenne à l’entrechoquement.
La vaisselle Quiet est-elle vraiment incassable ?
Pas totalement incassable, mais nettement plus résistante : en cas de choc, elle se fissure au lieu de se briser en morceaux comme la céramique classique. Sur les tests menés dans trois écoles de Talence, aucune casse n’a été enregistrée sur près de 4 800 repas servis.
Combien coûte la vaisselle Quiet ?
À titre indicatif, une pièce coûte environ 8 euros hors taxes, un montant supérieur à de la vaisselle classique. Une formule de test à partir de 1 300 euros hors taxes permet d’essayer un stock tournant de 300 pièces pendant 21 jours avant un achat plus large.
Où trouve-t-on la vaisselle Quiet aujourd’hui ?
En 2025, elle est déployée dans la restauration collective : cantines scolaires et restaurants d’entreprise. Une extension vers les Ehpad ou les hôpitaux serait logique vu les problématiques de bruit et de casse propres à ces établissements, mais rien ne confirme un déploiement effectif à ce jour dans ces secteurs.
La vaisselle qui ne fait plus de bruit n’est plus un gadget de salon : elle se teste déjà, service après service, dans de vraies cantines.