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Maison Fournaise à Chatou

la guinguette où Renoir a peint les canotiers

Une guinguette de 1857, un tableau devenu célèbre, un siècle d’abandon et une réouverture. Ce que le lieu réunit aujourd’hui.

Terrasse de café aménagée sur un quai de Seine, tables et chaises en bois au bord de l'eau
Réponse rapide

La Maison Fournaise est un restaurant en activité, installé dans un ancien établissement de canotiers fondé en 1857 sur l’île de Chatou, dans les Yvelines. Renoir y a peint Le Déjeuner des canotiers depuis la terrasse donnant sur la Seine, tableau aujourd’hui conservé à Washington. Longtemps abandonnée puis protégée au titre des Monuments historiques, la maison a rouvert en 2022 et réunit désormais une table, un musée et un atelier de bateaux.

  • Un restaurant ouvert : réouverture en 2022 après une longue période d’abandon.
  • La terrasse du tableau : celle de Renoir existe toujours et se visite.
  • Le tableau, lui, est à Washington : on vient voir le lieu, pas l’œuvre.
  • Trois activités : la table, le musée Fournaise et l’atelier de bateaux.

Une maison de canotiers sur une île de la Seine

En 1857, Alphonse Fournaise, charpentier de bateaux, s’installe sur l’île de Chatou, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Paris. Il y loue des canots, sert à manger et met quelques chambres à disposition. Rien d’exceptionnel à l’époque : la Seine attire les Parisiens qui viennent ramer le dimanche, et les établissements de ce genre se multiplient sur ses rives.

Le mot guinguette recouvre justement cela. On y accostait en barque, on y mangeait sur une terrasse au bord de l’eau, on y dansait. Le train a fait le reste : il devenait possible de quitter Paris le matin et de rentrer le soir, ce qui a transformé ces berges en lieu de loisir populaire.

La maison prend son visage actuel en 1877, avec l’aménagement de la terrasse couverte d’un store rayé. C’est ce décor précis, et non une reconstitution, que l’on retrouve sur les toiles peintes quelques années plus tard.

La terrasse d’où Renoir a peint Le Déjeuner des canotiers

Auguste Renoir fréquente l’endroit assidûment et y peint une dizaine de toiles au tournant des années 1880. La plus connue est Le Déjeuner des canotiers, composée depuis l’un des balcons en ferronnerie qui donnent sur la Seine.

Le détail vaut d’être retenu avant une visite : la terrasse représentée sur le tableau est celle où l’on peut encore s’asseoir. La rambarde en ferronnerie et l’orientation vers le fleuve se retrouvent sur place. Peu de tableaux de cette notoriété permettent de se tenir exactement là où le peintre s’est tenu.

Renoir n’était pas seul. Claude Monet, Alfred Sisley, Edgar Degas, Camille Pissarro et Gustave Caillebotte ont fréquenté les lieux, qui servaient de point de ralliement autant aux peintres qu’aux canotiers et aux écrivains. L’île a fini par être surnommée l’île des Impressionnistes, un nom qu’elle porte toujours.

La famille elle-même est entrée dans les tableaux. Alphonsine, la fille de la maison, a posé pour Renoir, et son frère apparaît lui aussi sur des toiles de la période. C’est une particularité du lieu : les tenanciers n’y sont pas restés en arrière-plan, ils figurent parmi les modèles.

Le tableau n’est pas sur place

Le Déjeuner des canotiers est conservé à la Phillips Collection, à Washington. On ne vient donc pas à Chatou pour voir l’œuvre, mais pour voir l’endroit où elle a été faite. La confusion est fréquente et vaut d’être levée avant de se déplacer.

L’abandon, puis la protection

C’est la partie de l’histoire que la plupart des présentations passent sous silence, alors qu’elle explique l’état actuel du bâtiment.

La mode des canotiers s’éteint au début du XXe siècle. L’automobile éloigne les Parisiens vers d’autres destinations, les guinguettes ferment les unes après les autres, et la Maison Fournaise cesse son activité. Suit une longue période d’abandon, pendant laquelle le bâtiment se dégrade sérieusement.

Le contraste mérite d’être mesuré. Pendant que la maison tombait en ruine sur son île, le tableau qui y avait été peint devenait l’une des toiles impressionnistes les plus reproduites au monde. Le lieu et son image ont suivi des trajectoires opposées pendant près d’un siècle.

Sa protection au titre des Monuments historiques change la donne. Elle empêche la démolition et ouvre la voie à une restauration encadrée, ce qui explique que la maison d’aujourd’hui soit bien le bâtiment d’origine et non une copie. En 2022, le groupe Ludéric reprend le site et mène une rénovation d’ensemble avant sa réouverture.

DateCe qui se passe
1857Alphonse Fournaise s’installe sur l’île de Chatou : canots, table et chambres
1877Aménagement de la terrasse couverte, celle que l’on voit sur les toiles
Vers 1880Renoir y peint une dizaine de toiles, dont Le Déjeuner des canotiers
Début du XXe siècleFin de la mode des canotiers, fermeture puis long abandon
2022Reprise par le groupe Ludéric, rénovation et réouverture

Ce que le site réunit aujourd’hui

Une confusion fréquente mérite d’être levée : il ne s’agit pas d’une seule adresse mais de trois activités distinctes, qui ne se visitent pas de la même façon.

Rez-de-chaussée et terrasse

Le restaurant

C’est la partie la plus fréquentée, et celle qui occupe la terrasse peinte par Renoir. La réservation est vivement conseillée.

À l’étage

Le musée Fournaise

Il retrace l’histoire de la famille, celle de la maison et celle du canotage sur la Seine. C’est une visite en soi, indépendante du repas, avec ses propres conditions d’ouverture.

La vocation d’origine

L’atelier de bateaux

Il prolonge l’activité première d’Alphonse Fournaise, constructeur et loueur de canots. Un rappel que la maison n’a pas commencé comme un restaurant.

Une cuisine qui regarde le XIXe siècle

Le parti pris culinaire suit la même logique que la restauration du bâtiment : revenir à ce que le lieu était. La carte s’inspire de la cuisine du XIXe siècle et s’appuie sur les produits d’Île-de-France, une région dont l’identité agricole est souvent oubliée alors qu’elle nourrissait Paris.

La cuisine est placée sous la supervision du chef Christian Le Squer, épaulé par la cheffe Hakima El Berrimi. Comme souvent dans ce type d’organisation, la supervision n’implique pas une présence quotidienne en cuisine.

Quant au contenu de la carte, il évolue avec les saisons : elle se consulte sur le site officiel de la maison plutôt que sur les descriptions qui circulent ailleurs.

S’y rendre

les repères utiles

La Maison Fournaise se trouve sur l’île des Impressionnistes, à Chatou, dans les Yvelines. L’île est une longue bande de terre au milieu de la Seine, prise entre Chatou et Croissy-sur-Seine, et se rejoint à pied depuis la gare de Chatou-Croissy sur le RER A. Aucune voiture n’est nécessaire, ce qui en fait une sortie possible sur une demi-journée depuis Paris.

Le site se prête à la promenade avant ou après le repas : les berges sont aménagées, le fleuve est visible sur toute la longueur de l’île, et le bâtiment se découvre de l’extérieur avant même d’y entrer. Pour qui vient d’abord pour la peinture, l’intérêt tient moins à un parcours balisé qu’au fait de reconnaître, depuis la terrasse, le cadrage exact d’une toile connue.

Vérifier avant de se déplacer

Horaires du restaurant, réservation, jours et conditions d’ouverture du musée : la seule source fiable reste le site officiel de la Maison Fournaise. Ces informations changent régulièrement, et les reprises trouvées sur les annuaires ou les plateformes de réservation sont souvent en retard d’une saison.

Une adresse où l’on mange dans le décor d’un tableau plutôt que devant sa reproduction : c’est à peu près tout ce qui distingue la Maison Fournaise des autres guinguettes des bords de Seine.

Où se trouve la Maison Fournaise ?

Sur l’île des Impressionnistes, à Chatou, dans les Yvelines, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Paris. L’île est une longue bande de terre au milieu de la Seine, que l’on rejoint à pied depuis la gare de Chatou-Croissy sur le RER A. Le trajet depuis le centre de Paris est court, ce qui en fait une sortie envisageable sur une demi-journée.

Peut-on encore manger à la Maison Fournaise ?

Oui. Après une longue période d’abandon, le site a été repris et rénové par le groupe Ludéric, puis a rouvert en 2022. Le restaurant occupe le rez-de-chaussée et la terrasse, celle-là même qui figure sur les toiles de Renoir. La réservation est vivement conseillée, et les horaires comme la carte se vérifient sur le site officiel.

Quel tableau de Renoir a été peint à la Maison Fournaise ?

Le plus connu est Le Déjeuner des canotiers, composé au tournant des années 1880 depuis l’un des balcons en ferronnerie donnant sur la Seine. Renoir a peint une dizaine de toiles sur place à cette période. D’autres impressionnistes fréquentaient les lieux, parmi lesquels Monet, Sisley, Degas, Pissarro et Caillebotte.

Où est exposé Le Déjeuner des canotiers ?

Le tableau n’est pas en France : il est conservé à la Phillips Collection, à Washington. On ne se rend donc pas à Chatou pour voir l’œuvre elle-même, mais pour voir la terrasse depuis laquelle elle a été peinte, qui existe toujours et où l’on peut s’asseoir.

Y a-t-il un musée à la Maison Fournaise ?

Oui, le musée Fournaise est installé à l’étage du bâtiment. Il retrace l’histoire de la famille Fournaise, celle de la maison et celle du canotage sur la Seine. C’est une visite distincte du repas, avec ses propres jours et conditions d’ouverture, à vérifier avant de se déplacer.