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L’hymne italien

trois noms et une histoire méconnue

Il Canto degli Italiani, Inno di Mameli, Fratelli d’Italia : un même chant, né en 1847 et officialisé seulement en 2017.

Drapeau italien vert, blanc et rouge flottant au vent devant un massif montagneux enneigé
Réponse rapide

L’hymne national italien s’appelle officiellement « Il Canto degli Italiani » (Le Chant des Italiens). On le connaît aussi comme « Inno di Mameli » (Hymne de Mameli) et par son premier vers, « Fratelli d’Italia ». Écrit en 1847 par Goffredo Mameli sur une musique de Michele Novaro, il a été adopté de fait en 1946, mais n’est devenu l’hymne officiel de la République qu’en 2017.

  • Trois noms : Il Canto degli Italiani, Inno di Mameli, Fratelli d’Italia.
  • Auteurs : paroles de Goffredo Mameli, musique de Michele Novaro, en 1847.
  • Contexte : le Risorgimento, le mouvement d’unité italienne au XIXe siècle.
  • Officialisation : adopté de fait en 1946, officialisé par la loi en 2017.

Un hymne, trois noms

Si l’on hésite parfois sur le nom de l’hymne italien, c’est qu’il en porte trois. Son titre officiel est « Il Canto degli Italiani », que l’on traduit par « Le Chant des Italiens ». En Italie, on l’appelle plus volontiers « Inno di Mameli », l’Hymne de Mameli, du nom de l’auteur de ses paroles. Et hors des frontières, on le désigne souvent par son premier vers, « Fratelli d’Italia » — « Frères d’Italie ».

Ces trois appellations renvoient au même chant. Le titre officiel décrit son propos, le deuxième rend hommage à celui qui l’a écrit, le troisième reprend simplement les mots qui l’ouvrent. Rien de contradictoire, donc, mais de quoi entretenir la confusion pour qui ne connaît pas l’histoire.

Titre officiel

Il Canto degli Italiani

« Le Chant des Italiens » : le nom retenu par la loi. Il décrit le propos du chant, adressé à la nation tout entière.

Nom courant en Italie

Inno di Mameli

« Hymne de Mameli », du nom de l’auteur des paroles. C’est ainsi que les Italiens désignent le plus souvent leur hymne.

Par son premier vers

Fratelli d’Italia

« Frères d’Italie » : les mots qui ouvrent le chant, souvent utilisés à l’étranger pour le nommer.

Né au cœur du Risorgimento

L’hymne est un enfant du Risorgimento, ce long mouvement qui a mené à l’unité italienne au XIXe siècle. Les paroles sont écrites en 1847 par Goffredo Mameli, un jeune patriote génois qui n’a alors qu’une vingtaine d’années. La musique est confiée à un autre Génois, le compositeur Michele Novaro, qui met le texte en mélodie la même année.

On est en pleine effervescence patriotique, dans une péninsule encore morcelée et en partie sous domination étrangère. Le chant de Mameli s’inscrit dans cet élan d’inspiration républicaine, porté par l’idée d’une nation à faire naître. Sa parenté avec « La Marseillaise » n’a rien d’un hasard : le modèle français du chant patriotique mobilisateur plane sur toute l’époque.

Ce que disent les paroles

Le propos tient en quelques idées fortes : l’unité, la liberté, l’appel à se rassembler. Dès le premier vers, les Italiens sont interpellés comme des frères invités à s’unir et à se lever. Le texte convoque l’histoire longue de la péninsule pour nourrir ce sentiment d’appartenance, avec des références qui remontent jusqu’à la Rome antique.

Ces allusions historiques, parfois obscures pour l’oreille contemporaine, avaient un sens précis pour les patriotes du XIXe siècle : rappeler une grandeur passée pour justifier une nation à venir. On est loin d’un simple chant de circonstance. C’est un texte d’engagement, écrit pour rassembler autant que pour émouvoir.

D’hymne officieux à hymne officiel

Voici le point le plus surprenant de son histoire. Composé en 1847, ce chant n’est pas retenu comme hymne lorsque le royaume d’Italie voit le jour en 1861. Il faut attendre l’après-Seconde Guerre mondiale : le 12 octobre 1946, l’Hymne de Mameli est adopté comme hymne de la jeune République italienne. Mais cette adoption reste, pendant des décennies, une reconnaissance « de fait », sans véritable consécration légale.

Ce statut un peu bancal dure très longtemps. Ce n’est qu’en 2017, soit plus de soixante-dix ans plus tard, qu’une loi vient officialiser définitivement « Il Canto degli Italiani » comme hymne national de la République. Autrement dit, le chant que les Italiens entonnaient depuis l’après-guerre n’est officiellement leur hymne que depuis une date étonnamment récente.

Les dates clés

1847 : écriture des paroles par Goffredo Mameli et composition de la musique par Michele Novaro. 12 octobre 1946 : adoption de fait comme hymne de la République. 2017 : officialisation par la loi.

Un chant qui déborde des cérémonies

Comme tous les hymnes, celui-ci vit surtout dans les grands rendez-vous collectifs. On l’entend avant les matches de la sélection de football, dans les stades de rugby, lors des cérémonies officielles et des remises de médailles. C’est souvent là, dans la ferveur d’un public qui reprend en chœur « Fratelli d’Italia », qu’il prend toute sa dimension.

Derrière la mélodie familière, il y a donc un texte de 1847, deux Génois, un mouvement d’unité nationale et un très long chemin administratif. De quoi écouter le prochain « Inno di Mameli » d’une oreille un peu différente.

Comment s’appelle vraiment l’hymne italien ?

Son titre officiel est « Il Canto degli Italiani » (Le Chant des Italiens). On l’appelle aussi « Inno di Mameli » (Hymne de Mameli) et, par son premier vers, « Fratelli d’Italia ».

Qui a écrit l’hymne italien ?

Les paroles ont été écrites en 1847 par Goffredo Mameli, un jeune patriote génois. La musique a été composée la même année par Michele Novaro, lui aussi originaire de Gênes.

Que signifient les paroles de l’hymne italien ?

Elles appellent les Italiens, désignés comme des frères, à s’unir et à se battre pour la liberté. Le texte mobilise l’histoire de la péninsule, jusqu’à la Rome antique, pour nourrir le sentiment national.

Depuis quand est-il l’hymne officiel de l’Italie ?

Il est adopté de fait comme hymne de la République le 12 octobre 1946, mais il n’est officialisé par la loi qu’en 2017, plus de soixante-dix ans après.

Pourquoi l’hymne italien fait-il penser à La Marseillaise ?

Parce qu’il naît dans le même esprit : celui des chants patriotiques et républicains du XIXe siècle. Le modèle mobilisateur de La Marseillaise a inspiré de nombreux hymnes de cette époque, dont celui de Mameli.

Écrit par un jeune homme d’à peine vingt ans, ce chant est devenu le symbole d’une nation — mais n’est officiellement son hymne que depuis 2017.