Théo Curin
nageur paralympique, aventurier et figure médiatique
Nageur médaillé, aventurier des eaux libres et visage du petit écran : un parcours qui refuse de tenir dans une seule case.
Théo Curin, né en 2000, est un nageur paralympique français amputé des quatre membres depuis l’enfance. Médaillé mondial en natation handisport, il est aussi devenu aventurier en eau libre, et une personnalité de la télévision et de la radio.
- Nageur de haut niveau : médaillé aux championnats du monde 2017 et 2019.
- Aventurier : traversée du Titicaca en 2021, marathon aquatique en Argentine en 2022.
- Visage média : chroniqueur télé et radio, comédien, conférencier.
- Un message : changer le regard sur le handicap, sans pathos.
Théo Curin, en quelques repères
Né le 20 avril 2000, Théo Curin a grandi à Lons-le-Saunier, dans le Jura. À six ans, une méningite foudroyante manque de l’emporter et entraîne l’amputation de ses quatre membres. C’est le point de départ d’une histoire que lui-même refuse de réduire à un drame. Très tôt, il se met à la natation, puis enchaîne les vies : nageur de haut niveau, aventurier en eau libre, chroniqueur, comédien, conférencier.
Ce qui frappe chez lui, c’est cette capacité à ne pas rester dans une seule case. On l’a connu dans les bassins paralympiques, on le retrouve quelques années plus tard à traverser un lac d’altitude ou à animer une chronique télé. Derrière la diversité, une même ligne : avancer, et le faire avec les autres plutôt que seul.
Le nageur
du handisport au niveau mondial
La natation est sa première scène. Adolescent, Théo Curin s’impose sur le circuit handisport français, puis international. En 2017, aux championnats du monde de Mexico, il décroche deux médailles d’argent en nage libre. Deux ans plus tard, aux Mondiaux de Londres en 2019, il ajoute une médaille de bronze sur 200 mètres nage libre.
Ces résultats, obtenus très jeune, racontent un parcours de sportif sérieux, pas une simple histoire de courage. Nager sans bras ni jambes complètes impose une technique propre, un travail du gainage et de l’équilibre que peu mesurent depuis le bord. La compétition lui a donné une exigence et une habitude de l’effort long qui, plus tard, serviront à tout autre chose : franchir des distances que personne n’avait tentées dans sa situation.
L’aventurier
Titicaca, Argentine et défis hors bassin
À partir du début des années 2020, Théo Curin déplace son terrain de jeu vers l’eau libre, là où il n’y a ni ligne d’eau ni chronomètre. Ses grands défis ont un point commun : ils mêlent performance physique, dimension collective et cause à défendre.
Le lac Titicaca
Traversée entre Bolivie et Pérou, à près de 3 800 mètres d’altitude et dans une eau glaciale, en une dizaine de jours, aux côtés de Malia Metella et Matthieu Witvoet.
Santa Fe – Coronda
En Argentine, il devient le premier athlète en situation de handicap à boucler ce marathon aquatique, soit environ 57 kilomètres.
Le Défi Madiba
Un nouveau projet lancé avec le journaliste Ismaël Khelifa, dans la lignée de ses aventures à message.
Le visage médiatique
télé, radio, cinéma, conférences
En parallèle du sport, Théo Curin s’est installé dans le paysage médiatique français. On le voit comme chroniqueur dans Le Magazine de la santé depuis 2019, on l’entend à la radio sur Virgin Radio depuis 2021. Pendant les Jeux de Paris 2024, il tient une chronique sur l’émission quotidienne dédiée, à la télévision.
Il a aussi élargi le champ : apparitions au cinéma, mannequinat, et surtout conférences, où il raconte son parcours devant des entreprises et des publics scolaires. Cette présence n’a rien d’un hasard. Elle prolonge ce qu’il fait dans le sport : occuper l’espace, changer le regard sur le handicap, montrer qu’une vie cabossée n’empêche ni l’ambition ni l’humour. Le ton reste le sien — direct, parfois drôle, jamais plaintif.
Son apport le plus durable n’est pas une médaille, mais le déplacement de ce qu’on croit possible.
Apolline Barat
Pourquoi son histoire inspire, sans pathos
Le risque, avec un parcours pareil, c’est le récit larmoyant. Théo Curin s’en méfie. Dans ses prises de parole, il met en avant le collectif et la préparation plutôt que l’exploit solitaire, et il revendique le droit à l’échec comme à la légèreté. Son histoire touche moins parce qu’elle serait extraordinaire que parce qu’elle reste concrète : on y voit le travail, les doutes, les équipes.
Reste un message qui dépasse le sport. Ses traversées en eau libre ont servi de support à des causes — l’accès à l’eau, l’environnement — et son image a contribué à rendre le handisport plus visible. C’est peut-être là l’essentiel : déplacer la frontière de ce qu’on croit possible, sans demander qu’on le regarde en héros.
Quel est le handicap de Théo Curin ?
À l’âge de six ans, une méningite foudroyante a entraîné l’amputation de ses quatre membres. Il a appris très jeune à nager et à vivre avec ce handicap, qu’il refuse de présenter comme une fatalité.
Quel est le palmarès de Théo Curin en natation ?
Il s’est illustré en natation handisport, avec notamment deux médailles d’argent aux championnats du monde 2017 de Mexico et une médaille de bronze sur 200 mètres nage libre aux Mondiaux 2019 de Londres.
Quelles aventures a réalisées Théo Curin ?
Il a traversé le lac Titicaca en 2021 à près de 3 800 mètres d’altitude, en équipe, puis est devenu en 2022 le premier athlète handisport à boucler le marathon aquatique de Santa Fe à Coronda, en Argentine. En 2024, il a lancé le Défi Madiba.
Que fait Théo Curin à la télévision ?
Il est chroniqueur, notamment dans Le Magazine de la santé depuis 2019, et a tenu une chronique pendant les Jeux de Paris 2024. On le retrouve aussi à la radio, au cinéma, dans le mannequinat et comme conférencier.
Nageur, aventurier, chroniqueur : Théo Curin avance sur plusieurs fronts à la fois, et c’est justement ce refus de choisir qui rend son histoire si singulière.